Louisiane. Une nuit d’automne au clair de lune, deux frères se précipitent hors d’une grande maison victorienne, dans un grand jardin en friche cerclé de hautes grilles noires. Son unique portail rafistolé en bois, surmonté d’une longue poutre, laisse soupçonner son usage provisoire. Derrière ce portail se dessine une haute structure désaffectée en bois, une sorte de vieux moulin a vent, ou un container a grains (le sommet de la structure a disparu.)
Les deux frères sont de forte corpulence et sont habillés de guenilles (marcels sales et déchirés, pantalons gris délavés, bretelles mal ajustées).Ils sont baignés par une lumière jaunâtre. Le plus âgé se différencie de son frère par sa plus grande taille, sa plus forte corpulence, et par sa barbe naissante sur le bord de ses joues bouffies, mais tous deux portent le même uniforme. Sur les parties de leurs corps dénudés sont visibles de nombreuses et monstrueuses morsures ensanglantées ouvertes jusqu’à l’os.
Ils tentent de fuir le propriétaire cannibale. Ils foncent tout droit a travers le jardin. L’hideuse silhouette de l’abbé se dessine sur le seuil de la porte : c’est un vieillard sénile d’une grande maigreur, vêtu d’une chemise à jabot, ses cheveux blancs et désordonnés soulignent un visage torturé par une terrible expression. IL les poursuit a un rythme ralentit par un rire compulsif qui ne produit aucun son. Les deux frères se rendent compte que le jardin est cerné par les grilles. Ils tournent en rond en manquant souvent de trébucher, avant d’apercevoir le portail en bois. Ils courent vers le portail et commencent a l’escalader maladroitement (à cause de leur corpulence et de leurs blessures) tandis que l’abbé titube vers eux les yeux révulsés , agitant sa mâchoire, et les bras crispé contre son corps.